Paroles

SUR L’OREILLER

Gaëlle LT/JB Noujaim

Je te laisse en passant
Mon cœur saignant Sur l’oreiller

Vois la chaleur qu’il porte encore,
Vois la vigueur de sa couleur

Tout rapiécé il palpite encore,
Vois comme il palpite et redoute
Notre amour agonisant

Mon amour je te laisse
Mon cœur saignant sur l’oreiller

Je préfère qu’il dorme avec toi
Je ne le coucherai plus jamais
Dans d’autres draps

Mon amour je te laisse en passant
Mon cœur trahi
Mon amour
Vois comme c’est fini

Je pars légère et
Mon cœur lourd
Tout décousu de moi
Reste attaché à toi

Je pars sans cœur il s’effiloche

CAROSSE (à Reynald)

Tu avais roulé ta bosse
Compté tous les cailloux du chemin
Je roulais ton carrosse
Tu t’en souviens ?

Les mots limpides de ta caboche,
Se tordaient, hachés sur ta bouche
J’écoutais suspendue
Tes mots jusqu’à la fin

Ils disaient ton appétit féroce,
Ta curiosité, patiente, philosophe
Tu roulais dans ma vie
Et Je tenais debout

Infirme moteur cérébral
toute la poésie en ton corps carcéral

T’en écopais des regards en coin,
Et des compassions maladroites
il était lourd ton quotidien
je m’en souviens

et je t’ai vu saliver mon vieux
Pour cette vibrante fugitive
Tu rêvais la vêtir de tes bras
Et du tremblement de tes rires aux éclats….

Tu étais le plus joyeux des IMC du quartier
le plus précoce, le plus allumé

Habillé ce soir-là de solitude
T’avais roulé ta bosse
Fini de compter les cailloux du chemin
Tu es allé jusqu’au bout ….

Tu as planté ton carrosse

sous les remous du lac
Ami, dessous enseveli
je suis restée suspendue,
à ce mot de ta fin

Infirme moteur cérébral , toute la liberté en ton corps carcéral

et le tremblement de tes rires aux éclats,
continue, ami de me tenir debout

tu étais le plus joyeux des philosophes du quartier,
ce fabuleux poète riant d’être IMC